mardi 27 mai 2014

bronde

Bronde. Brrrrr, hum. Broaps. Pardon.

Bronde, donc. Cette affreuse contraction de "brune" et "blonde". On commence à le lire un peu partout. C'est laid, c'est affligeant, ça ressemble à une onomatopée, mais qu'est-ce que ça me fait marrer !
La novlangue ne me fait jamais autant rire que lorsqu'elle commet un barbarisme pour rebaptiser à coup de hype un truc qui existe depuis des années.

Eh ouais, ouvrez les yeux.


un indice se cache dans cette capture d'écran offerte par Google
Le problème, ce n'est pas la couleur elle-même (on fait bien ce qu'on veut avec la couleur de ses poils de tête), c'est le terme que la presse et la blogo commencent à s'amuser à lui associer.
Ce truc est une belle arnaque, derrière le néobarbarisme se cache un bon vieux châtain travaillé à coup de mèches et de reflets chauds. Et ça fait un bail que le truc a été adopté par environ toutes les actrices brunes qui n'assument pas leur couleur de base mais qui ne veulent pas pour autant jouer dans la catégorie fausse blonde.

Un de plus beau exemple nous vient de Jennifer "Rachel" Aniston qui porte cette couleur depuis le début de sa carrière. Pour celles et ceux qui sont assez vieux pour s'en rappeler, il y avait un genre d'obsession collective autour de cette couleur et des éventuels changements de coupe de l'actrice. Tous les volumes y sont passés, mais elle est restée fidèle à son fond de châtain plus ou moins éclairci. Jennifer Aniston n'aurait pas eu la même carrière si elle n'avait pas eu cette couleur de cheveux.

Allô ? Les années 90 ?



Bref, comme d'hab, la mode tourne en boucle et nous ressert une bonne vieille recette dans un nouveau plat. J'ai ricané encore un peu plus quand j'ai vu quel grand industriel avait récupéré (ou initié, j'ai un doute) cette "tendance". Bizarrement, sans surprise, c'était encore une fois L'Oréal.

moi, moi, moi

Merci L'Oréal pour cette belle image de la femme moderne, indépendante et pas du tout ornementale.


Châtain et pas bronde, hein, on est bien d'accord ?

mercredi 14 mai 2014

presser le macaron

Qui aujourd'hui n'a pas encore entendu parler de Ladurée, la prestigieuse pâtisserie parisienne patrimoniale pompier à Perpignan. Point culture : à la base, avant de faire des allitérations en P et du pognon à foison, Ladurée s'occupait uniquement de gâteaux, depuis 1862 selon les dires de la marque. Nous aborderons un autre jour la question des allégations historiques trop facilement mises en avant.


vous les remettez ? (photo Wikimedia Commons)
C'est grâce aux efforts conjugué d'un marketing agressif innovant et de Sofia Coppola que nous subissons depuis bientôt dix ans cette marée noire de rose poudré et de vert amande.
Une fois le gâteau girly bien installé (macarons, cupcakes, religieuses et autres cochonneries du même genre), nous avons ensuite eu droit à la mode non moins sirupeuse des cosmétiques gourmands.
 Le gâteau girly restant avant tout un gâteau, à savoir un amalgame de gras et de sucre, il s'agissait de trouver un moyen d'exploiter à fond la frustration d'un cœur de cible perpétuellement au régime en leur fourgant du produit dérivé qui sent bon et qui ressemble visuellement à tout ce qu'elles ne peuvent pas manger. Ladurée avait alors lancé en collaboration avec Sephora une ligne de produits pour le bain, crèmes pour le corps, gloss et autres bougies parfumées. Soit, ça sentait l'amande, c'était niaiseux et sexiste, ça cassait pas trois pattes à un canard, mais à la limite, ça pouvait rester rigolo.


gloss Ladurée vintage

Cette année, ils récidivent. Fallait pas, les mecs. Fallait, vraiment pas.

Pourtant, ça commençait pas mal, je traînais sur le site de Sephora avec l'idée de dépenser des sous. Et je suis tombée dessus. Ouais, tombée, parce que ça a quand même fait un peu mal, pas qu'au yeux, à l'éthique, aussi. Parfaitement, on peut avoir mal à l'éthique, cet organe méconnu.
Ensuite, j'ai oublié cette abomination marketing charmante création pour pigeonnes et j'ai repris une vie normale, jusqu'à ce que le Beauté blog descende en flèche ce qu'ils ont osé appelé blush. Le tout, après une journée bien pourrave, j'avais trouvé mon exutoire.

notez le subtil glissement du rétro vers le girly

Cette collection de maquillage est un festival de ce qui se fait de pire en matière de make up. En photo, le packaging semble déjà super cheap et ça ne s'améliore pas en fouillant un dans les commentaires clientes : "Effectivement la matière est en plastique mais est du plus bel effet et imite parfaitement le verre". Tout est dit, le cœur de cible a parlé.

nature morte cheapos par Ladurée
Ladurée te vend du rêve, en plastique, à prix d'or. Parce que tout ceci a un prix, et ce prix défie l'entendement.
Le produit d'appel est un petit baume à lèvres dans une boîte toute mignonne, le machin vous coûtera la modique somme de 24€, rien que ça. La marque use ensuite de cette magnifique invention du "à partir de" avec un prix pas trop élevé derrière et d'un gros craquage sur les prix du reste de la gamme. Ainsi, pour 39€, vous pourrez faire l'acquisition d'une somptueuse boîte en plastique vide qu'il faudra ensuite remplir à l'aide des pétales de blush de votre choix à 81€ pièce, soit un total de 120€. Même rengaine pour le blush compact (15€ + 37€), la poudre compacte (16€ + 44€) et la poudre libre (45€ + 82€).
La marque s'illustre également avec des produits d'une remarquable inutilité telle cette base pour fard à joues qui vous coûtera la bagatelle de 41€. Mais le pompon du foutage de gueule revient au pinceau à 58€, évidemment pensé pour accompagner les délicats pétales de blush. Il y a des vibros moins chers et je pense, beaucoup plus efficaces pour faire monter le rose aux joues. Personnellement, mes pinceaux viennent de marques infiniment plus pro et environ deux à trois fois moins chers.Même Guerlain ou Chanel qui jouent pourtant dans une autre catégorie n'osent pas pratiquer de tels prix.
En creusant un peu, on pourrait voir un début de semblant de logique, à savoir, une tentative d'implantation de cosmétiques asiatiques (parce qu'il s'agit bien de ça) dans les circuits de grande distribution. 


la gamme japonaise

Sauf que les fans françaises de cosmétiques asiatiques connaissant déjà leurs classiques et qu'Etude House fait la même chose en mieux et en moins cher avec par exemple son célebre blush en forme de petits cœurs.
le blush girly version Etude House
Pour apprécier l'ensemble du massacre, et éventuellement tester les produits, ça se passe au Sephora Champs-Elysées. Je vous laisse découvrir l'ensemble de la gamme Les Merveilleuses et ses prix français ici et jouer avec vos calculettes pour convertir le tout en semaines de courses, cette unité magique qui me permet généralement de réfréner des achats trop délirants.



ma réaction globale face à la gamme "Les Merveilleuses"
Pour le prochain post, nous parlerons de choses beaucoup plus intéressante, saines et à des prix accessibles.