mardi 19 mars 2013

éloge du naturel

Le retour de la blogueuse intermittente !

Bon, j'ai passé deux jours à m'énerver autour du sexisme après avoir lu cet article. J'ai cogité, vaguement débattu, tenté de faire un autre blog dessus. Relu d'autres articles, et bizarrement, dérivé sur la chirurgie esthétique. Et c'est de ça dont je vais parler aujourd'hui, étant donné que j'hésite encore sur comment / dans quel ordre faire ma série sur la routine (et aussi un peu parce que ma peau me fait des blagues en ce moment).

La chirurgie esthétique, donc.

Lindsay Lohan, 26 ans (source people.voila.fr)

J'insiste bien sur le terme esthétique. Outre le concept philosophique du même nom, l'esthétique c'est, en résumé, un ensemble de critères d'apparence (forme, couleur, taille...) qui correspondent à notre goût personnel du beau.
Goût. Personnel. Beau. Bim, trois autres chausse-trappes de philo. Donc, en gros, s'efforcer de ressembler à un truc qui nous plaît, nous humains de 2013 avec les trop nombreux moyens mis à notre disposition. Bon, le maquillage et l'épilation, j'ai rien contre. La chirurgie à la base non plus. Quand c'est pour reconstruire un visage de brûlé, changer de sexe, remodeler un sein après un cancer ou rattraper de petits problèmes d'ego qui s'affaisse en même temps que l'ovale d'un visage, ok.
Mais après, y'a ça. Vous l'avez certainement déjà vue, c'est Jocelyn Wildenstein, l'un des exemples actuels les plus délirant depuis feu Mickael Jackson.



On nous vend toujours le côté glamour des pattes d'oies qui disparaissent, des paupières qui remontent ou des seins qui gagnent un bonnet, mais on oublie aussi facilement que ça reste de la chirurgie lourde (anesthésie, scalpel, drains, sang, lymphe, sutures) et que ce n'est pas sans incidence.
Les media ne semblent s'en souvenir que lors de faits divers cradingues ou pour pointer des exemples du type de la Jocelyn. Des émissions à haute teneur intellectuelles s'y intéressent d'un peu plus près et s'émeuvent du sort de telle ou telle personnalité qui a encore eu recours à des injections de botox et qui désormais n'est plus en mesure de hisser ses deux sourcils au même niveau (un grand classique).
En revanche, la dimension psychologique de l'addiction au passage sur le billard, à part dans Nip/Tuck, je n'ai encore rien vu de sérieux et grand public que la question. Si quelqu'un a des sources, je prends. Mais de toute façon, je ne suis pas là pour parler de ça.

Orlan, plasticienne (source lewebpedagogoque.com)

Pour moi, la chirurgie esthétique, c'est un peu le stade ultime des modifications corporelles. Se faire gonfler les lèvres, ça relève pour moi du même procédé que de se faire tatouer ou piercer. C'est "pour faire joli", ce que je disais au début.
Mais pour faire joli aux yeux de qui, les nôtres ? Ceux des autres ? Quelle est la puissance de la pression sociale, des diktats ? (Je pense tout particulièrement aux filles de 16 ans qui se font gonfler la poitrine ou redresse le nez alors qu'elles n'ont pas encore atteint leur "forme définitive".) Ce que nous pensons être des goûts personnel le sont-ils vraiment ? Qui est arrivé en premier : l'œuf ou la poule ? 
Quelles peuvent-être les motivations de ces femmes et de ces hommes qui changent totalement de visage et/ou de corps à coups de bistouri ?

A chaque fois que je suis confrontée à des visages ravagés (j'ai pas d'autre mot) que ce soit en photo ou dans la vraie vie, je ne peux pas m'empêcher de me le demander. On voit que c'est fait, refait et même rerefait, on n'arrive plus à avoir la moindre idée de ce que à quoi pouvait ressembler le visage ou le corps de départ. Et ça n'est pas sans rappeler le tuning, vous savez, cette pratique qui vise à transformer en véhicule spatial d'une dimension parallèle une innocente voiture.

pour moi, il y a quelques similitudes
On enlève un peu de ça, on en rajoute un peu par ici, on tend, on déplace, on en rajoute encore et puis euh... dites, ça ressemble plus à grand chose, là, en fait.
Non, parce que quand le haut du front coïncide avec le haut du crâne, ça veut peut-être dire qu'on a un peu trop tiré. Pareil pour les pommettes ultra proéminente et fixes, et les saucisses à la place des lèvres ou un visage autrefois mutin ayant acquis l'expressivité d'un tabouret. Ces gens espèrent-ils sembler encore un tant soit peu naturel ?

Un autre point me frappe finalement, c'est l'apparition d'un faciès typique des abus de chirurgie : le front tout lisse, le petit nez triangulaire, les lèvres qui semblent sur le point d'exploser et les pommettes tendues à craquer. Ou alors, les chirurgiens esthétiques travaillent pour les extraterrestres et nous colonisent peu à peu en remplaçant par des cyborgs presque parfaits tous ceux qui passent entre leurs mains. Non, vraiment ?

sérieusement (source le JDD)

J'avoue, je me suis un peu fait plaisir à chercher des belles images bien sympathiques. Mais le questionnement est réel. Vouloir se plaire un peu plus, oui, moi la première (t'façon, j'aurais beau jeu de prétendre le contraire avec tout mon stock de maquillage et mes soutiens-gorge pigeonnants) mais payer des fortunes pour avoir ensuite l'équivalent d'un gros tampon REFAIT(E) au milieu du front, j'arrive pas à saisir.
 
Et puis, surtout, à quoi vont ressembler les gamins ?

big up à Carla
Je vous laisse, faut que j'aille me maquiller avant de sortir et je suis en retard.

2 commentaires:

  1. Concernant les frères bogdamachin il s'agit d'une maladie qui les rend comme ça, rien à voir avec la chirurgie... faut se renseigner...

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  2. mmm, pour les avoirs vus de mes yeux à plusieurs reprise, je conteste cette assertion.

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La maison prend les commentaires.