mardi 5 février 2013

threesome parfumé

Les odeurs, c'est comme les fesses, c'est personel. Intime, même. Paraîtrait que c'est celui de nos sens qui est ancré le plus profondément dans notre mémoire, et qu'il existe des thérapies olfactives pour soigner les amnésiques. Paraîtrait aussi que sur les cinq sens, c'est la perte de l'odorat qui est la plus handicapante.
Les odeurs, et par extension, le parfum, c'est un truc vachement important, et, j'en suis convaincue, pas que pour moi. On a tous quelque part dans notre tête des souvenirs très forts liés à une odeur particulière : l'eau de cologne d'une grand-mère, l'afert-shave d'un oncle élégant, un blouson en cuir, un gâteau au four... ou encore un couloir d'hôpital, une pile de linge oubliée.
Les odeurs, c'est la nostalgie, le truc qui fait tilt alors que tu pensais l'avoir oublié, bien rangé, loin dans ton passé. Alors que non, ça revient, frais comme au premier jour avec toutes les émotions qui vont avec, positives, comme négatives. Par exemple, à cause d'un garçon indélicat, des années après, j'ai toujours en horreur un certain parfum marin qui, dans ma tête, reste associé à "gros connard".

Cessons, de tergiverser, et rentrons dans le vif du sujet : le threesome parfum. (Non, ce titre n'était pas du tout une tentative de racolage.)

Nos gentils magazines féminins nous rabâchent le fantasme  de l'Homme du Parfum De Notre Vie tout en nous vantant trois pages plus loin,de manière totalement objective, les jolies nouveautés de la saison teeellement originâles, et qu'on doit absolument adopter pour suivre la tendance. Le tout bien sûre en édition limitée avec des flacons au design souvent douteux mais toujours étudié pour emmagasiner un maximum de poussière. Vous savez déjà le mal que je pense des "tendances", le parfum rentre aussi dedans.
Et encore, je ne vous parle pas des "égéries", mais ça, ça méritera un article entier tellement j'ai à dire dessus.


contre exemple d'égérie dont il existe aussi une version non censurée

Mon parfum, je le choisis toute seule comme une grande et j'ai appris à rembarrer les vendeuses un poil trop zélées grâce à une phrase magique. C'est cadeau, je vous la donne "non merci, je suis fidèle à [random nom de parfum]", variante snob "non merci, je porte un parfum qu'on ne trouve qu'au Japon", variante ouin-ouin "non merci, je ne supporte pas le parfum, ma peau est trop sensible".
Bon, en l'occurrence, le parfum, je n'en ai pas un, j'en ai trois. Ouais, j'suis une gourmande. Et pas n'importe lesquels, en plus.


(ayé, j'ai sorti un vrai appareil photo)

J'ai toujours eu un faible pour les odeurs ambrées, musquées, et de toute façon, les autres ont une fâcheuse tendance à ne pas tenir (les floraux et les fruités, cette blague) ou à atrocement  virer (sur moi, Sa majesté la rose se met à sentir très fort le pipi de chat). J'ai donc depuis longtemps appris à choisir mon parfum toute seule comme une grande et surtout, à tester sur plusieurs jours le rendu sur ma peau et ma tolérance (team migraine). Astuce, quand on demande gentiment, on obtient quasiment toujours un échantillon, les parfumeries ont d'ailleurs des tubes spéciaux pour ça.


A force de passer tout mon temps libre de temps en temps dans les rayons parfumerie, j'ai fini par tomber sur une petite pépite : Ambre Sultan de Serge Lutens. Coup de foudre olfactif, puisque sur ma peau, il sentait comme une de mes odeurs doudous, Opium, le mythique, mais sans la note de pisse la touche de civette. Un parfum capiteux, oriental, presque masculin. C'était il y a cinq bonnes années, il constitue toujours ma base. Et apparemment, les Serge Lutens se trouvent de plus en plus facilement, si ça vous dit d'aller le sentir, on le trouve chez Sephora, Marionnaud, ou dans les grands magasins type Printemps / Galeries / BHV ou carrément aux Jardins du Palais Royal, la maison mère à Paris...


Quelques temps après, le snobisme n'aidant pas, je suis allée traîner mes narines vers chez Guerlain, attirée par leur toute nouvelle gamme "Guerlain Maître Parfumeur" (edit : Maître et non pas Artisan, shame on me, j'ai fait un amalgame). Et le permier parfum, c'était ça : Spiritueuse double vanille. Des notes de vanilles (oui, parfaitement, DES vanilleS) et de rhum, deux de mes arômes préférés dedans les gâteaux, plus la sensoualité, blabla... Et sur moi, c'était encore le jackpot, encore un truc capiteux, presque sexuel, il me le fallait. Guerlain, tout le monde connaît, mais Guerlain Artisan Parfumeur, c'est déjà plus le même domaine, et en plus d'être indécemment cher, celui-là, c'est une vraie tannée pour mettre la main dessus : Sephora Rivoli ou magasins / corners Guerlain, et pas ailleurs. C'est d'ailleurs pour ça que personne ne le connaît.


Bon, à partir de là, j'avais commencé à bien cibler ce qui me convenait. Mais je continuais à renifler des fioles par-ci par là, et bim, j'ai flashé sur un troisième petit : Chergui, toujours chez Serge Lutens. Toujours les mêmes notes d'encens capiteux, mais avec un voile de poudre pour adoucir le tout.
Et le plus fort, c'est que tout ce petit monde se mélange divinement bien et me permet de faire mes combinaisons persos et d'ajuster à mon humeur du jour. C'est pas beau, tout ça ?



J'ai donc finalement réussi à éviter le piège à fric des déclinaisons commerciales et mon côté psychorigide sens personnel de l'esthétique se retrouve dans le design épuré des flacons. J'assume, et en plus, ça se range super bien.
L'étape d'après, ce serait le parfum sur mesure, mais je n'ai pas encore osé franchir ce cap.

4 commentaires:

  1. C'est fou comme je partage ton avis. Bizarrement ma mémoire olfactive est liée à des personnes d'outre-tombe, un parfum (l'eau d'issey pour homme) et une odeur naturelle ( celle de ma grand-mère qui m'obsède, non pas le maroussia des rayons de supermarchés qui a mal tourné, mais un melange d'ambre de musc le tout citronné avec un soupçon d'odeur de bouton de rose séchée; d'ailleurs depuis sa mort j'ai l'ai senti une seule fois et je me suis mise à chercher la personne au milieu d'une gare; mais à mon avis ca devait être une hallucination, ahh ma mamie chérie ,une veuve qui ne mettait jamais de parfum, ça attire les hommes, pudique et généreuse mais capable de jurer comme un camionneur. une éspèce de Mme Sarfati chétive). Je me rends compte à quel point les odeurs sont fortement liées aux souvenir. J'adore comme toi les odeurs ambrée et musquées. Je me rappelle avoir essayée "arabie "qqch, intriguée par le nom. Ce fut l'erreur fatale de ma vie. Il sent tellement fort, que j'ai eu un haut le coeur . Pendant au moins deux semaines, j'avais l'odeur qui me trottait dans la tête. C'est comme quand j'étais étudiante infirmière et que j'ai sentie des esquarres pour la première fois. J'ai failli tomber dans les pommes à cause de cette odeur infecte. Bref je t'ai écris un roman , juste pour te dire que je partage totalement ton avis.

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    1. ah, les escares, j'y ai pas encore eu droit, mais je vais éviter aussi longtemps que possible. et je crois qu'on a pas mal de points communs, m'dame ;)

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  2. Oh, on a à peu de choses près les mêmes goûts en matière de parfum (un peu plus piquant voire poivré pour moi).

    Je n'ai pas aimé les parfums Lutens la première fois que je les ai senti. Ce sont vraiment des parfums à l'ancienne, rétros, avec des notes particulières que l'on a absolument pas l'habitude de sentir chez les parfums (plus) mainstream. Il faut un peu se rééduquer l'odorat pour les aimer, même si je trouve toujours certains assez infects. J'aime beaucoup "Datura Noir" en touche légère et plutôt l'hiver vu qu'il est sucré et lourd.

    La gamme "Guerlain Artisan Parfumeur" m'intrigue beaucoup, jamais entendu parlé. Faudra que je m'organise une petite sauterie à Paris pour sentir tout ça.

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    1. les poivrés sur moi sentent le dessous de bras au fénugrec, je sais pas ce que ma peau leur fait.
      les Lutens ne sont pas évidents au premier reniflage, peut-être à cause des matières premières utilisées. théorie personnelle : on nous a gentiment habitués au synthétique, et maintenant, quand on a sous le nez du "vrai" parfum, on a du mal. ensuite, les accords sont moins faciles, je pense par exemple à Féminité du Bois qui m'agresse à chaque fois que j'approche une narine. peut-être que les amatrices de celui-ci abominent ceux que j'aime, question de goûts.
      et pour Guerlain, oui, ça vaut le coup, vraiment. par contre, faut affronter les vendeuses qui te prennent souvent de haut ou t'ignorent carrément. sympa.

      (et grâce à toi, j'ai corrigé l'intitulé Guerlain XXX Parfumeur, merci, et voici la page de la gamme : http://www.guerlain.com/int/fr/base.html#/fr/home-parfum/catalogue-parfums/parfums-exclusifs/ )

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